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Si votre terre est à nu car vous venez d’arracher vos cultures (pommes de terre, tomates, etc...) voici quelques conseils pour nourrir votre terre afin de la préparer pour le printemps qui suit.

Ces précieux conseils ont été recueillis lors de la conférence avec Gérard Bourges du 13 septembre à Herbignac, au Clos-du-Poivre. Ce passionné du jardin et de la nature nous a transmis une partie de son savoir qu’il tient lui-même entre autre de ses grands-parents.



Que faire sur une terre nue après avoir arraché une culture ?

Après une terre nue, vous allez semer un engrais vert, par exemple la moutarde, la phacélie, le trèfle, vesce en fin d’hiver, l’avoine.

Des cicognes dans un champs de moutarde.

Il est toutefois possible de faire une culture de mâche, de navet et autres plantes qui peuvent se cultiver après celle que l’on vient d’arracher mais attention à ne pas faire dans la culture intensive. Le sol vous nourrit, si à un moment vous oubliez de le nourrir, vous seriez en train de faire ce que l’on a fait pendant 30 ans dans la Beauce, où les sols sont morts aujourd’hui. Donc mieux vaut nourrir la terre avec de l’engrais vert.

Si vous décidez tout de même de replanter de nouvelles cultures, le 15 octobre au plus tard vous devez recharger, nourrir le sol.

Comment aérer le sol et le nourrir sans le retourner ni le labourer ?

Pour aérer le sol, il n’est pas nécessaire de retourner la terre, il faut juste l’aérer avec une fourche type « grelinette ». On plante, on remue tous les dix centimètres, on aère le sol, on le décompacte mais on ne le retourne pas. Quand on a un sol trop dur, trop argileux on réduit l’espace entre les endroits où l’on pique.

Aérer la terre avec une grelinette, ne pas la retourner.

Pourquoi il ne faut pas retourner ou labourer la terre ?

Parce que les micro-organismes qui se trouvent sous le sol ne doivent pas être exposés tout d’un coup à la lumière, à un changement de température soudain, ils s’affaibliraient, et à l’inverse, ceux qui étaient dessus mourraient en-dessous. Chacun a une place bien précise et si on la modifie, c’est l’hécatombe de ces micro-organismes. Même les lombrics ont différents niveaux, ce ne sont pas les mêmes, ils ne travaillent pas de la même façon. Plein de choses se passent durant l’hiver.

Il faut éviter de retourner le sol, mais alors comment le nourrir ?

Pour un sol argileux, il faut incorporer des éléments qui empêchent l’argile de s’agglomérer comme du sable de rivière, de la cendre, de l’humus, du compost, ce qui empêche l’argile de se s’agglutiner. Mais il faudra du temps, un an ou plusieurs années pour modifier le type de terre. Il faut être patient.

Avec la cendre, vous apportez un peu de chaux et un peu de potasse. Évitez la suie de ramonage. Vous pouvez utiliser des algues, mais il ne faut pas qu’elles contiennent encore de sel. Il faut les laisser prendre la pluie plusieurs jours pour les rincer, bien sûr ailleurs que sur la terre que vous voulez cultiver, puis vous pourrez les incorporer sur quelques centimètres.

Ensuite, il faut couvrir avec du paillage, (paille, fougère ou autre paillage). Si votre paille est trop grosse, la broyer avec la tondeuse ou la piétiner.

Paillage, pailler le sol pour nourrir la terre

Vous pouvez pailler avec de l’ortie mais avant qu’elle ne soit montée en graine.

On peut mettre du compost, de l’humus, mais ce n’est pas l’idéal parce qu’on ne fait pas travailler toute cette vie qu’il y a dans le sol, ces milliards de micro-organismes. Il faut leur donner de la matière brute pour qu’ils puissent la transformer, la travailler. C’est pour cela qu’on va mettre des déchets verts à composter sur la terre ou un engrais vert, quel qu’il soit. On peut faire des engrais verts différents et lorsqu’ils sont montés à une hauteur suffisante, on va les broyer, les casser ou les rouler et on va remettre de la paille ou de la fougère. Remettre du sec par dessus. L’idéal c’est de la paille. S’il y a un peu de tonte de gazon, oui, mais il faut la laisser sécher avant sinon ça fait un espèce d’ensilage qui ne sent pas bon. Il faut bien laisser sécher. Même de la tonte de gazon en trop grosse quantité peut nuire à certains champignons, faire se développer d’autres champignons en excédent et créer un déséquilibre dans le sol.

Il faut un peu de tout, ne pas faire de monoculture. La nature est faite comme ça. La forêt par exemple, comment fonctionne-t-elle : il y a de la fougère qui pousse, des feuilles tombent des plantes qui poussent et qui meurent pendant l’hiver, et tout cela pourrit pendant l’hiver, ça se décompose et l’arbre pousse tout seul. On ne met pas d’engrais au pied des arbres et ils poussent pourtant de façon majestueuse... Il y a des chaines tricentenaires qui ont bien poussé sans qu’on ait mis un gramme d’engrais. La nature fonctionne très bien toute seule, c’est le principe de la permaculture, c’est-à-dire laisser faire la nature.

Les feuilles mortes, certains diront attention, pas trop de ceci ou trop de cela... si vous ne mettez que de la feuille de noyer, bien sûr qu’à un moment ça va casser, poser problèmes, parce que la feuille de noyer sont surtout acides. Attention si vous ramassez des aiguilles de pin ou de la taille de conifère, il ne faut pas en mettre plus d’un 5ème, et encore c’est beaucoup. Il ne faut pas mettre trop de feuilles acides. On mélange, on met beaucoup de choses. Vous ne savez pas quelle quantité mettre, vous mélangez, la nature va s’occuper du reste. Il ne faut pas qu’il y ait que de la feuille verte, encore fraîche. Quand on met trop de sec, attention à ne pas épuiser votre sol.

Quand vous mettez de la paille sur votre sol, quand vous semez de l’engrais vert et que vous ne les gérez pas à temps, vous les laissez sécher, ça peut arriver, on se laisse déborder... Par exemple, si vous oubliez la moutarde, qu’elle sèche, déjà vous allez avoir de la graine partout, et elle va produire une cellulose qui est très dure à décomposer par les organismes vivants dans le sol. Notamment les bactéries qui décomposent énormément ; elles vont travailler en quantité, si c’est trop dur à travailler, elles auront besoin de plus manger, donc elles vont manger tout l’azote dans le sol et la culture qui va suivre n’aura plus d’azote. C’est ce que l’on appelle le phénomène de "faim d’azote". Il faut donc mélanger du vert et du sec.


par Fanny


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Messages

  • 1 - Quelques précisions et remarques

    20 septembre 2014, 12:44, par Michel Le Bars

    L’animateur doit être un bon, un passionné.

    Il y a quelques points que je ne partage pas entièrement, le fait de ne pas retourner la terre.

    Les agriculteurs retournent leurs terre depuis des siècles, et continuent à récolter. Il y a des terres qu’il faudra bien retourner, par exemple des terres argileuse.

    Et apporter de l’humus pour améliorer les sols.

    Sa préconisation reste une autre forme de culture dans des sols riches en humus , meubles, sableux .

    Attention pailler avec de l’ortie apporte trop d’azote. Ce n’est pas bon pour les cultures, pour plein de raisons .

    Pour le reste j’adhère

    mlb

  • 2 - Atelier passionnant !

    20 septembre 2014, 12:46, par Fanny

    En effet, on peut dire que Gérard Bourges est passionné et qu’il a plaisir à partager sa passion. Cet atelier était vraiment très instructif et nous n’avons pas vu le temps passer, nous avons débordé d’une bonne heure... ^^

  • 3 - Remarques

    21 septembre 2014, 10:21, par M.Le Bars

    quand je lis il ne faut pas retourner la terre, il ne faut pas exagérer, les agriculteurs et jardiniers retournent leurs sol depuis des siècles. La préconisation de ne pas retourner le sol est une autre approche sur de petites surfaces. Chaque méthode peut se défendre.

    Quand on retourne un sol cela n’excède pas 15 /20 cm, cela permet d’enfouir les mauvaises herbes d’apporter un peu de fumier ou compost, tout cela va se décomposer pendant l’hiver, le gel ameubli les sols. On peu pailler, cela protège et évite le lavage des sols. Attention au paillage avec de l’ortie cette plante apporterait un excès d’azote .

    Eviter les aiguilles de pins qui apportent trop d’acidité pour les cultures du jardin.

    Quand on commence un jardin sur un nouveau terrain, il faut analyser le sol bien connaître sa terre fera gagner du temps et éviter les erreurs.

    Un sol avec un PH 7 reste idéalement très bien pour la majorité des légumes, c’est un bon équilibre.

  • 4 - Complément d’informations - Questions réponses

    23 septembre 2014, 12:59, par Fanny

    Etant un peu dans le flou, j’ai recontacté Gérard Bourges afin de lui poser quelques questions complémentaires sur les périodes et autres infos sur le travail de la terre.

    Fanny Sylvestre : A quelle fréquence faut-il aérer la terre avec la grelinette environ et à quel moment ? Avant de planter l’engrais vert, pendant, après ? Les trois ? Plus souvent ?

    Gérard : Aérer le sol en profondeur est nécessaire au moins une fois par an, de préférence en mars/avril, juste avant les premières cultures.
    En général, on implante les engrais verts après une culture, un simple griffage de surface suffira.

    Fanny : J’ai plein de trèfles blancs et violet dans mon jardin, je trouve donc ça dommage d’aller acheter des graines alors que j’en ai certainement plein le jardin mais je ne sais pas comment les récupérer pour les planter comme engrais vert. Puis-je mettre les fleurs sèches directement en terre ou dois-je d’abord récupérer les graines puis les semer ?

    Gérard : Ces 2 trèfles sont envahissants dans le jardin, en matière d’engrais vert, je sème du trêfle rouge (incarnat), (pour enrichir en azote, avant une culture de légumes feuilles) qui ne viendra pas envahir les cultures suivantes.

    Fanny : J’ai bien l’ordre dans lequel faire les choses, enfin je crois, mais je me demande quand-même quelles sont les dates / périodes où il faut :

    - Q : Aérer la terre, en profondeur ?
    - R : 1) sol argileux en octobre et mars. 2) en sol facile à travailler, en mars/avril seulement.
    - Q : Planter l’engrais vert ?
    - R : de juin à octobre suivant la disponibilité du terrain et le retour attendu, c’est très vaste comme sujet.
    - Q : Couper l’engrais vert (vous aviez dit que c’est lorsqu’il arrive à hauteur de 20 cm environ, mais le trèfle ne dépasse pas cette hauteur, puis-je le laisser ou dois-je couper à une période précise, avant l’hiver, après ? Sachant qu’il reste vert ?
    - R : vous parlez du trêfle blanc : il n’y a pas que le trêfle à utiliser comme engrais vert, on peu en utiliser plusieurs suivant le sol, la rotation de culture et la résultat attendu, je vous le redis, vaste sujet... ( lorsque j’intervient sur ce sujet, j’y passe au moins 3 heures)

    Fanny : Peut-on laisser les racines de tous les engrais verts ?
    Gérard : oui, au contraire les racines fournissent beaucoup de matière organique, il faut juste choisir un engrais vert qui ne sera pas envahissant.

    Fanny : Nourrir la terre après l’engrais vert, à quelle période ? Avant l’hiver je j’imagine mais j’ai un doute...

    Gérard : pas obligé de nourrir après un engrais vert, c’est un des rôles de cet EV.

    Fanny : quand doit-on mettre le compost et autres matières organiques sur le sol ?

    Gérard : Recouvrir la terre de matières organiques, compost, feuilles mortes, etc... ça, on le fait en automne, c’est le compostage de surface, ce sont les lombrics qui vont faire la travail pendant les mois d’hiver.

    Fanny : Recouvrir de paille combien de temps après les matières organiques ?

    Gérard : Sitôt la MO organique ( déchets) posée au sol, comme précédemment.

    Fanny : Combien d’années de suite peut-on utiliser la même parcelle de terre avant de la laisser reposer totalement en jachère une année complète si on respecte la rotation des cultures ?

    Gérard : Ce n’est pas nécessaire de mettre en jachère, si on fait des intercultures de 2,3 ou 4 mois avec des engrais verts.

    Fanny : Et combien d’années de suite peut-on utiliser la même parcelle si on n’a pas respecté les rotations ? Est-ce que le fait de la nourrir peut suffire ou pas ?

    Gérard : il faut impérativement faire des rotations, si pas fait depuis 3 ou 4 ans, attention, sol épuisé et maladies probables. Dans ce cas on fait une EV ( vesce+ seigle ou avoine+ phacélie par Ex. en septembre et on reprend le potager en avril suivant.

    Fanny : Comment bien intégrer les engrais organiques ou verts à la terre sans la retourner, faut-il déposer le tout dessus après l’avoir aérée ?

    Gérard : Comme dis plus haut, les couper, ou rouler suivant la hauteur, recouvrir de paillage et laisser faire la nature.
    Donc maintenant, c’est-à-dire mi-septembre, c’est encore le moment de semer des engrais verts, moutarde, vesce, seigle...

    Voila quelques réponses pour de l’eau à votre moulin, c’est un très vaste sujet, le jardinage et notamment, le SOL.

    Fanny Gérard : Merci pour toutes ces précieuses informations.

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